Vers un avenir durable
Une complémentarité des deux médecines peut se faire soit par le recours aux deux types de médecine, soit par le mélange des deux médecines pour aider un patient. On peut remarquer que médecine chinoise et médecine occidentale se complètent, et possèdent des notions communes. Il existe même une technique thérapeutique appelée médecine complémentaire, ayant emprunté et mis en relation des notions provenant de ces deux médecines qui paraissaient pourtant totalement opposées, tant par leur histoire que par leur fonctionnement.
Mais le monde se rapproche petit à petit d’une osmose entre les deux, aux vues des bienfaits nouvellement découverts. Ainsi, des congrès sont organisés avec en ligne de mire, d’accélérer le rapprochement des deux.

« La complémentarité des pratiques : pour une approche globale de la santé », tel est le thème que va développer le congrès Ecomédecine. Cette manifestation professionnelle annuelle se situe au carrefour entre médecine allopathique et médecines dites douces : homéopathie, ostéopathie, acupuncture, phytothérapie, aromathérapie, psychothérapie, nutrition, médecine chinoise, médecine environnementale. A Paris, médecins, professionnels de santé et praticiens du monde paramédical débattront en particulier sur la place des médecines complémentaires dans le système de soins actuel. Ce congrès vise à encourager leur complémentarité et également à faire connaître ces types de médecines qui restent assez largement inconnues aux yeux des professionnels de la santé. Les sujets de ce congrès seront par exemple l’évolution de la demande des patients qui s’orientent de plus en plus vers ces médecines ; la prise en charge des médecins, ou l’organisation du secteur santé avec l’arrivée de plus en plus de jeunes médecins qui se dirigent vers ce type de spécialité médicale.
Parallèlement, onze conférences thématiques, présenteront des retours d’expériences, des études de cas et des résultats de pratiques, sur des différentes approches complémentaires, à l’hôpital ou en ville. Des médecins y ont relaté leurs expériences, permettant de se faire une idée concrète sur ces médecines peu connues encore.
Enfin, un espace exposition a permis de rencontrer les différents acteurs du secteur : laboratoires, matériel médical, financement de la santé, nutrition, cliniques, centres de formation. Cet espace ouvert au tout public permet aux non médecins de se faire une idée et d’évacuer les idées reçues sur les médecines dites douces.
Pour conclure, on voit que des efforts sont faits dans l’optique d’une complémentarité de ces médecines. Un exemple très flagrant de ce rapprochement est que les cabinets d’ostéopathie sont devenus très courants, ou que l’on peut trouver de l’homéopathie dans presque toutes les pharmacies de France. Le Québec est d’ailleurs en avance avec le fait qu’ils aient déjà des "médecins alternatifs" intégrés dans la majorité de leurs hôpitaux. On semble y venir petit à petit avec notamment un congrès géant organisé pour sensibiliser les professionnels de la santé à une complémentarité prochaine entre les spécialités.
Débats sur la médecine entre professionnels
Il aura fallu attendre le début du XXIème siècle pour commencer à ressentir une légère réhabilitation des médecines vieilles de plusieurs millénaires, comme la médecine traditionnelle chinoise ou encore la médecine ayurvédique (médecine indienne qui voit une maladie comme un tout indivisible).
Protéger les patients des “charlatans“ doit demeurer une priorité. Les détracteurs des médecines alternatives veulent officiellement protéger les patients de thérapies dangereuses ou inadaptées (on peut y voir une tentative pour ne pas perdre sa patientèle au profit de certaines pratiques émergentes). Ils cherchent donc à maîtriser la formation des jeunes praticiens en médecine dite douce en passant par une formation contrôlée, valorisée et sanctionnée par de réels diplômes reconnus par l'Éducation Nationale.
Aujourd'hui encore, un naturopathe ou un thérapeute (par exemple) n'a pas le droit d'utiliser certains mots sans risquer d'être trainé devant les tribunaux. Ainsi, si le praticien de ces médecines n’est pas docteur (c’est-à-dire s’il n’a pas fait les 8 ans d’études d’un doctorat), il n'a pas le droit d'utiliser des mots comme patient, examen, ordonnance, prescription, diagnostic. De plus, il y a une véritable chasse de la part de certains pouvoirs publics contre les médecines alternatives, les montrant comme des « portes d’entrée pour les mouvements à caractère sectaire ». Cette demande de limitation et d’encadrement des médecines douces est portée par Hervé Machi, président de la Miviludes (organisme chargé de la lutte contre les dérives sectaires), qui voudrait même aller jusqu’à interdire certaines pratiques à risque. Cependant, il cherche peut-être aussi à encadrer les praticiens dans les médecines alternatives dont les effets ont été prouvé scientifiquement.

Il y a malheureusement des gens qui se font passer pour des professionnels de ces médecines alternatives dans l’unique but de se faire du profit face à des gens en les manipulant. Il s’agit de l’un des problèmes majeurs : un non médecin peut se revendiquer spécialiste en médecines alternatives sans réelle qualification, au même titre qu’un médecin classique qui s’est orienté par la suite sur les médecines douces. C’est ainsi un juste milieu à trouver pour pouvoir permettre à de vrais professionnels de santé d’exercer leur métier dans un encadrement stable.
En empêchant la reconnaissance officielle, elle ne permet pas aux candidats thérapeutes d'accéder à des formations reconnues par l'État (via l'Éducation Nationale) et d'avoir une vraie formation diplômante. Aujourd'hui, les diplômes délivrés par des instituts privés n'ont aucune valeur. Les seules voies diplômantes sont réservées aux docteurs en médecine (acupuncture par exemple).
Les avis défavorables et contre ces nouvelles médecines sont fondés sur l’aspect différent d'appréhender le soin : "planter des aiguilles ou prendre des granules de sucre dilués plusieurs" fois pour guérir d’un rhume est étrange pour celui qui ne veut pas voir les progrès de la médecine.
Cela va dans le sens du Dr Defêche selon lequel la médecine, et les métiers des sciences en général ont "des œillères", "des idées toute faîtes" et desquelles ils ne semblent pas vouloir déroger. Pour avoir de réelles avancées dans le débat en faveur d’une complémentarité de ces deux médecines, et pourquoi pas ne plus en faire la séparation, il faudrait que de grands médecins, de grands scientifiques transforment des théories empiriques en des effets prouvés. Il faudrait aussi arrêter de dissocier le domaine du physique du domaine psychologique lorsque l’on cherche des solutions à certaines pathologies. C’est ce que tentent de faire les médecines douces comme l’ostéopathie, l’acupuncture, l'homéopathie,... M. Morel quant à lui pense qu'il ne faut pas oublier la qualité de la formation de médecine traditionnelle, qui grâce à sa bonne connaissance physiologique, sémiologique et clinique nous permet de soigner énormément de pathologies, et que la pratique ostéopathique holistique ne dépend que d'une correcte association de toutes les médecines pour le bien être du patient. Elle permettrait une nouvelle approche des maladies, et du contact humain. On évoluerait alors vers une médecine avec plus de réflexion autour du patient. Ce qui pourrait déboucher sur une meilleure association des différentes médecines.
Le second souci auquel se heurtent les médecines alternatives face aux médecines conventionnelles, est de l'ordre financier. En effet, des grandes firmes pharmaceutiques ne se tournent pas vers la vente et la commercialisation de ces médecines. Ce qui porte préjudice à ces médecines traditionnelles émergentes. Certains sites ou articles décrédibilisant ces dernières s’avèrent être rédigées par ces entreprises dans le seul but de montrer que les essais thérapeutiques sont faussés.
Les recherches à propos des médecines douces sont également peu subventionnées car elles n’ont que trop peu de retombées économiques. Le docteur Defêche nous a conforté dans cet avis en nous faisant remarquer: "que le SIDA qui affecte très largement les pays occidentaux, plus riches, a été longuement combattu pour arriver au résultat actuel : on connaît le traitement et les moyens de le limiter. A l’opposé une maladie comme le paludisme qui n’affecte que très peu les pays occidentaux mais plus les pays africains, moins riches, sévit encore en Afrique alors que l’on aurait dû l’avoir presque totalement éradiqué."

L’acupuncture a eu des effets prouvés sur des patients atteints de cancer
Il y a aussi le fait que les gens pensent qu’il est préférable de prendre des médecines alternatives plutôt que les médicaments plus classiques car il y a moins d’effets secondaires. C’est le refus de prendre des risques pour un simple rhume, qui d’après les détracteurs des médecines alternatives, poussent les personnes à s’orienter vers une alternative moins dangereuse. C’est comme cela qu’ils tentent de décrédibiliser les médecines alternatives en trouvant des arguments très peu recevables, reposant sur des croyances.
Mais il reste de fervents défenseurs des médecines alternatives, de grands scientifiques qui ont résonné, ou résonnent encore actuellement, différemment par rapport aux autres. Luc Montagnier, Prix Nobel de Médecine 1983 pour sa découverte du VIH, est actuellement sur un travail de recherche sur une idée de mémoire de l’eau dans un institut chinois. Si ses recherches aboutissent, cela renforcerait énormément la crédibilité de l’homéopathie, qui tire ses arguments sur le fait que l’eau crée des nanostructures permettant de conserver le principe actif sur toutes les billes après les dilutions. Ainsi lorsque l’on parlait ci-dessus qu’un appui potentiel de grands scientifiques pour les médecines alternatives ferait beaucoup avancer le débat, l’implication du Dr Montagnier va dans ce sens.
Luc Montagnier, auteur de recherches sur la mémoire de l’eau
Il est évident que médecine conventionnelle et médecines alternatives sont complémentaires. Aux États-Unis cela s'appelle la médecine intégrative. Dans un même centre hospitalier cohabitent des services de médecines conventionnelle et des services de médecines alternatives (yoga, shiatsu, acupuncture, gestion du stress, tai chi, etc.).
Dans un dossier intitulé "les autres médecines qui marchent", le magazine Le Point du 14 octobre 2010 relate l'expérience de l'hôpital de Duke (Caroline du Nord) qui possède un véritable service de médecine alternative. Le Dr Tracy Gaudet explique "ce n'est pas parce que la science ne reconnaît pas ces thérapies qu'il faut les rejeter. En Asie, l'acupuncture se pratique depuis 2500 ans et on y a recours pour les césariennes".

Le Duke Raleigh Hospital
La prolifération de spécialistes dans ces médecines alternatives tend à prouver qu’elles commencent à trouver leurs marques dans le panorama médical. De plus, cela signifie que la patientèle est bonne (selon l’OMS, 70% des français y ont déjà eu recours); donc les mentalités changent petit à petit et que l’on va vers une osmose entre ces deux médecines en France.